dimanche 2 décembre 2012

Série "Pour un amour transcendant tout "





             La sainte sueur du texte originel        

(série « Pour un amour transcendant tout »)
Papier (une  partie du texte de l’Ancien Testament
recopié à la main), fil rouge en coton, scotch, partie supérieure d’un mannequin
2007
50 x 110 x 30 cm


Premier Testament – Le moine en moi

(série « Pour un amour transcendant tout »)
Papier (une  partie du texte de l’Ancien Testament
recopié à la main), fil rouge en coton, scotch, mannequin en métal
2007
50 x 110 x 30 cm


Premier Testament – Le moine en moi (détails)


Second Testament – La victoire de la trace

(série « Pour un amour transcendant tout »)
Papier (une  partie du texte de l’Ancien Testament
recopié à la main), fil noir en coton, scotch, mannequin en métal
2007
50 x 115 x 30 cm

J’ai commencé par m’interroger sur la distance que l’on parcourait en lisant le roman de Georges Bataille, Histoire de l’œil. J’ai découpé le livre, ligne par ligne, j’ai noué chaque fragment avec des nœuds rouges. J’ai enroulé ces cent trente-deux mètres autour de mon corps, je me suis emmaillotée; je l’ai porté telle une enveloppe, une enveloppe de mots obscènes qui cherchent à atteindre une certaine transcendance, pour toucher autrement au mysticisme. J’ai mis cette seconde peau sur un mannequin, je l’ai allongé: il ressemblait à une relique, une relique de mon propre corps ?

Pour m’imprégner davantage du texte, me fondre avec la démarche spirituelle des scribes ou des moines copistes, j’ai décidé de recopier des livres à la main, parfois ce sont mes propres textes; j’ai redonné une empreinte charnelle à l’écriture, une certaine sensualité, en réaffirmant la primauté de la matérialité, trop fragilisée.

J’ai conservé le système des bandelettes morcelées et nouées, de cette ligne qui s’enroule telle une spirale, pour former une « cathédrale de mots »,à l’image de la sculpture Premier Testament: le moine en moi; elle exprime l’importance du retour au texte et à la source, le souhait de supprimer les intermédiaires pour puiser dans le texte d’une manière plus directe et plus profonde. Les sculptures créées à partir de la Bibleainsi que Momie-moi avec cent trente-deux mètres de Bataille font partie de la série «Pour un amour transcendant tout».

À une certaine distance, ces créations ressemblent tour à tour à des robes blanches ou des manteaux, à des doubles fantomatiques – aux formes épurées, parfois déstructurées, ou à des sculptures monolithiques, telles des pierres dressées d’un autre temps. Lorsqu’on se rapproche, l’écriture, les nœuds rouges et noirs scandant les phrases, la visibilité des bandelettes et le travail obsessionnel montrent et nous disent autre chose, nous donnent d’autres clés de lecture.